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Martell et le Groupe Chalvignac ouvrent la voie de la distillation bas carbone à Cognac

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Après cinq années de recherche et développement, la Maison Martell présente une technologie de distillation bas carbone développée en partenariat avec le Groupe Chalvignac pour l’ensemble de la filière AOC Cognac. Cette technologie vient compléter le procédé de chauffe alternative conduite en collaboration étroite avec les services du BNIC (Bureau National Interprofessionnel du Cognac), les opérateurs de la filière et l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité). La technologie proposée permet de recycler une partie de l’énergie que l’alambic consomme et ainsi de réduire considérablement la consommation d’énergie et l’empreinte carbone de la distillation charentaise. Grâce à cette technologie, la distillation charentaise pourra atteindre les objectifs fixés en 2050 par la France et l’Europe pour permettre de limiter au maximum les effets du réchauffement climatique.

En 2019, la Maison Martell a répondu à l’appel à projet “distillation durable” du BNIC qui ambitionnait de réduire les émissions de gaz à effets de serre liées à la phase de distillation. Aujourd’hui, un alambic charentais est chauffé par des brûleurs qui fonctionnent avec du gaz naturel ou du propane : à elle seule, la distillation représente 21 % des émissions de CO2éq de la filière Cognac, dont 83 % sont liés à la consommation d’énergie. Partant de ce constat, la Maison Martell  a développé un procédé qui utilise une autre source d’énergie que des combustibles fossiles tout en garantissant les caractéristiques organoleptiques des eaux-de-vie ainsi produites. Ce projet collaboratif et collectif est mené avec le soutien du BNIC et d‘autres opérateurs ayant manifesté le souhait de s’engager dans un tel dispositif expérimental. Ce procédé, après avoir été testé par la Maison Martell pendant plus de trois ans, a également été installé chez un autre opérateur afin d’analyser son impact sur la distillation d’autres qualités d’eaux de vie, avec ou sans lies, et de garantir ainsi sa répétabilité pour tout type de distillation.

L’expérimentation ainsi conduite fait l’objet d’un examen approfondi par les experts désignés par le BNIC et l’INAO, établissement public sous tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Cet institut garant du suivi et du contrôle des signes officiels de qualité, est chargé d’évaluer la pertinence du dispositif et sa réplicabilité au sein de l’appellation.

Ce procédé consiste en l’installation d’une boucle de chauffe externe placée à l’extérieur de l’alambic. Il ne nécessite donc pas le remplacement du matériel existant pour les acteurs du cognaçais.

A ce jour, le collège d’experts sensoriels reconnus au niveau de l’AOC, a constaté que les qualités organoleptiques des eaux de vie restaient inchangées et que ce nouveau mode de distillation ne les altère donc en rien. Si durant l’année à venir la position de ces experts reste positive, une modification du cahier des charges pourra alors être proposée pour introduire ce mode alternatif de chauffe.

Le procédé de chauffe alternative, développé dans le cadre de l’appel à projet « distillation durable » du BNIC peut permettre de répondre aux objectifs fixés en 2030 par la réglementation nationale et Européenne, mais il ne peut pas seul répondre aux objectifs fixés à l’horizon 2050. Ce procédé permet ainsi de réduire de 70 % les émissions de gaz à effet de serre et est transposable à l’ensemble des opérateurs. Il ne permet pas une réduction des consommations énergétiques suffisante, mais était la première étape pour permettre de développer une solution innovante capable d’y parvenir …

Lire l’article en entier dans la RVI de juin 2023

Cet article a été mis en ligne le 27 mars 2023.

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