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La Provence en Chine.

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La Provence abat la carte romantique en Chine sur fond de lavande et bien sûr de rosés. Mais si les Chinois sont sensibles à cette image de la France, le pari n’est pas gagné pour autant puisque neuf bouteilles sur dix consommées aujourd’hui sont rouges.

C’est d’ailleurs souvent par cette couleur que les premières commandes sont signées. « Le marché est encore immature et avant tout de rouges et de prix » reconnait Jean-Jacques Bréban (Vins Bréban), l’un des initiateurs du club export rassemblant quatre opérateurs qui ont voulu s’implanter dans le pays.

Le rosé, de préférence servi en ice-bag, attire l’attention surtout des consommatrices pour lesquelles il faut trouver des actions ciblées comme pour la Saint Valentin chinoise, à la mi-août. « Ils nécessitent surtout beaucoup de pédagogie, insiste Miche Pinot (Château Ferry Lacombe), également membre du club export. Ne serait-ce que pour expliquer qu’il ne s’agit pas de vins de fruits rouges ni de mélanges de blancs et de rouges. La question que l’on nous pose la plus souvent est encore : mais qu’est ce que c’est ? ». Les quatre producteurs provençaux ont donc choisi de « chasser en rafale » tout en bénéficiant d’EOC, la structure d’accompagnement à l’export qui a embauché une représentante permanente basée à Shanghai « pour assurer les revlations avec les fournisseurs et ne pas perdre le contact après les salons, explique Jean-Jacques Bréban.

Nous avons rapidement trouvé une importatrice (KG Wines) qui nous a tous référencés, ce qui fait des économies de logistique, mais il faut trouver d’autres distributeurs ; c’est la clé du marché ». Les quatre mousquetaires, de rose vêtus, ont du donner quelques cuvées en exclusivité, changé des packagings, notamment pour adopter des étiquettes à la mode bordelaise, et opter souvent pour des capsules dorées. Leur importatrice s’occupe des contre-étiquettes. Ils ont désormais sur le marché chinois une quinzaine de références dont six rosés et deux effervescents.

L’interprofession pousse également les rosés sur ce marché où ils sont particulièrement valorisés (4,55€ en moyenne contre 1,94 en Belgique). Elle y consacre désormais un budget actions net de 100 000€ grâce aux aides de l’OCM. « Après trois ans de formation des importateurs et distributeurs, en parallèle avec les voyages des membres du club export, les actions avec la Sopexa, notamment dans le cadre du Sial Shanghai et de Vinexpo Honk Kong, commencent à porter leurs fruits » estime le président Roque Pertusa.

Le service Export fait un appel à informations auprès des entreprises provençales pour connaître celles déjà présentes sur le marché et achète à leurs importateurs des bouteilles pour les animations-dégustations. Cette année, une Pink Party a rassemblé journalistes et opérateurs chinois autour de dégustations de rosés ; une Quinzaine du rosé pourrait également être organisée à l’automne dans un grand restaurant cantonais avec l’aide du Conseil régional. Et « pourquoi pas susciter l’intérêt des Chinois en les aidant, avec le centre du Rosé de Vidauban, à produire du rosé en Chine » conclut Roque Pertusa.

RVI 3889 – juin 2011

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